Comprendre
Parce que comprendre ce que l’on ressent, c’est déjà avancer
Et si tu essayais de comprendre ce que tu ressens ?
Ici, tu trouveras des pistes pour mieux comprendre ce que tu ressens, ce qui se passe en toi et pourquoi tu réagis parfois comme tu le fais.
Prends le temps de comprendre ce que tu ressens, tu n'es pas obligé(e) d'avoir toutes les réponses tout de suite.
Les besoins émotionnels
Les besoins invisibles qui influencent nos émotions et nos relations.
Pourquoi ai-je autant besoin d’être compris(e) ?
Si tu ressens souvent ce besoin d’être compris(e), ce n’est pas parce que tu es “trop sensible” ou que tu demandes trop.
En réalité, le besoin d’être compris est un besoin humain fondamental.
Dès notre naissance, nous avons besoin que quelqu’un reconnaisse ce que nous vivons. Un bébé ne sait pas dire : “J’ai peur.” Il pleure, et un adulte donne du sens à ce qu’il ressent.
C’est ainsi que nous apprenons, petit à petit, à comprendre nos propres émotions.
En grandissant, ce besoin ne disparaît pas.
Nous avons tous besoin, à certains moments, de sentir que quelqu’un nous écoute sans nous juger, sans minimiser ce que nous vivons et sans chercher immédiatement une solution.
Être compris ne signifie pas que l’autre est forcément d’accord avec nous.
Cela signifie simplement qu’il prend le temps de voir le monde à travers nos yeux.
Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, plusieurs émotions peuvent apparaître :
- un sentiment de solitude, même entouré ;
- de la frustration ;
- l’impression de parler dans le vide ;
- ou parfois la sensation de ne pas avoir de valeur.
À force de ne pas se sentir compris, certaines personnes finissent même par ne plus exprimer ce qu’elles ressentent.
Non pas parce qu’elles n’ont plus rien à dire.
Mais parce qu’elles ont appris que leurs émotions n’étaient pas accueillies.
Pourtant, il est important de se rappeler une chose.
Le fait de ne pas être compris ne signifie pas que ce que tu ressens est faux.
Parfois, les autres n’ont simplement pas les mots, la disponibilité émotionnelle ou le vécu nécessaire pour comprendre ton expérience.
Cela ne retire rien à la légitimité de ce que tu ressens.
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Le regard de Hanaëori ✍🏼
Pendant longtemps, j’ai cru que si j’avais autant besoin d’être comprise, c’était parce que j’étais “trop”.
Trop émotive.
Trop intense.
Trop compliquée.
Puis j’ai compris que ce besoin ne faisait pas de moi une personne faible.
Il faisait simplement de moi un être humain.
Aujourd’hui, je sais qu’il existe une différence entre être entendu et être compris.
On peut écouter quelqu’un sans vraiment l’entendre.
Mais lorsqu’une personne prend le temps de comprendre ce que l’on vit, quelque chose s’apaise à l’intérieur de nous.
Et parfois, lorsque personne n’y parvient…
Il reste une personne qui peut commencer ce travail.
Nous-même.
Pourquoi ai-je toujours besoin d’être rassuré(e) ?
Certaines personnes ont besoin d’entendre régulièrement qu’elles sont aimées, appréciées ou qu’elles n’ont rien fait de mal.
Si ce besoin revient souvent, cela ne veut pas dire que tu es « trop sensible » ou « dépendant(e) ».
En psychologie, le besoin d’être rassuré peut être lié à un manque de sécurité émotionnelle. Lorsque l’on a vécu des expériences où l’amour, l’attention ou la stabilité semblaient incertains, notre cerveau peut rester en alerte.
Il cherche alors des preuves que tout va bien.
Un message un peu plus froid.
Une réponse qui tarde.
Un changement de comportement.
Et les doutes apparaissent.
Le besoin d’être rassuré n’est donc pas un défaut. C’est souvent une façon pour notre esprit de chercher la sécurité qu’il n’a pas toujours ressentie.
Avec le temps, en apprenant à reconnaître sa valeur et à construire une sécurité intérieure, ce besoin peut devenir moins envahissant.
🌺 À retenir
Avoir besoin d’être rassuré(e) ne signifie pas que tu es faible.
Cela peut simplement être le signe qu’une partie de toi cherche encore à se sentir en sécurité.
Pourquoi je culpabilise tout le temps ?
La culpabilité est une émotion normale.
Elle nous aide à reconnaître lorsque nous avons blessé quelqu’un ou agi à l’encontre de nos valeurs. Dans ces situations, elle peut nous pousser à réparer, à apprendre et à grandir.
Mais parfois, la culpabilité prend beaucoup trop de place.
On finit par se sentir responsable de tout :
- des émotions des autres ;
- de leurs réactions ;
- de leurs déceptions ;
- ou même de situations que l’on ne contrôle pas.
En psychologie, on sait que cette culpabilité excessive peut avoir plusieurs origines.
Certaines personnes ont grandi dans un environnement où elles devaient constamment faire attention aux besoins des autres.
D’autres ont appris que dire non était égoïste, que décevoir était interdit ou qu’il fallait toujours être “sage”, “fort(e)” ou “parfait(e)”.
Avec le temps, ces messages deviennent presque automatiques.
Alors, au moindre conflit ou à la moindre déception, une petite voix intérieure apparaît :
“C’est sûrement de ma faute.”
Pourtant, ressentir de la culpabilité ne signifie pas que tu es réellement responsable.
Il est important de faire la différence entre être responsable et se sentir responsable.
Ces deux choses ne vont pas toujours ensemble.
Tu peux poser une limite sans être une mauvaise personne.
Tu peux dire non sans être égoïste.
Tu peux penser à toi sans abandonner les autres.
Et tu peux décevoir quelqu’un sans avoir fait quelque chose de mal.
Apprendre à distinguer la culpabilité qui protège nos valeurs de celle qui nous emprisonne est souvent une étape importante pour retrouver un équilibre.
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Le regard de Hanaëori ✍🏼🫂
Pendant longtemps, je culpabilisais de tout.
Quand quelqu’un allait mal, je pensais que je n’avais pas fait assez.
Quand une relation se compliquait, je cherchais ce que j’avais fait de travers.
Je portais des responsabilités qui n’étaient pas les miennes.
Puis j’ai compris une chose.
On peut avoir un grand cœur… sans devoir porter le poids du monde.
Aujourd’hui encore, la culpabilité revient parfois.
Mais avant de m’accuser, je me pose une question :
“Est-ce que j’ai réellement fait quelque chose de mal… ou est-ce que je suis simplement en train d’avoir peur de décevoir ?”
Cette question ne fait pas disparaître la culpabilité.
Mais elle m’aide à lui redonner sa juste place.
Les émotions
Comprendre ce que l’on ressent, même quand tout semble confus.
Pourquoi je pleure sans raison ?
On a souvent l’impression que pleurer devrait toujours avoir une cause évidente.
Pourtant, ce n’est pas ainsi que fonctionnent nos émotions.
Parfois, les larmes arrivent sans prévenir. On se sent triste sans savoir pourquoi, ou on éclate en sanglots après une journée qui semblait pourtant « normale ».
En réalité, il y a presque toujours une raison. Elle n’est simplement pas toujours consciente.
Notre cerveau et notre corps accumulent parfois du stress, de la fatigue, des déceptions ou des émotions que nous avons mises de côté pour continuer à avancer. Les larmes deviennent alors une façon de relâcher cette tension.
En psychologie, les émotions sont considérées comme des signaux. Elles ne sont pas là pour nous compliquer la vie, mais pour nous transmettre une information.
Pleurer ne signifie donc pas forcément que l’on est faible.
Cela peut simplement vouloir dire que notre corps nous demande une pause, que quelque chose nous a touchés plus profondément qu’on ne le pensait, ou qu’une émotion attend depuis longtemps d’être accueillie.
Si ces pleurs deviennent très fréquents, s’accompagnent d’une souffrance importante ou durent dans le temps, il peut être utile d’en parler à un professionnel afin d’en comprendre l’origine.
🌺 À retenir
Pleurer « sans raison » ne veut pas dire qu’il n’y a aucune raison.
Cela signifie souvent que ton cœur a compris quelque chose… avant que ton esprit ne parvienne à le mettre en mots.
Pourquoi je me sens triste alors que tout va bien ?
Il arrive de ressentir de la tristesse sans raison évidente. Pourtant, cela ne signifie pas que tu es ingrat(e) ou que tu inventes ce que tu ressens.
Nos émotions ne dépendent pas uniquement de ce qui se passe aujourd’hui. Elles sont aussi influencées par notre fatigue, notre stress, des événements passés, des besoins non comblés ou des émotions que l’on a mises de côté pendant longtemps.
Parfois, lorsque tout se calme enfin, notre esprit laisse remonter ce qu’il n’avait pas eu le temps de ressentir auparavant.
La tristesse n’a pas toujours besoin d’une explication immédiate pour être légitime.
Au lieu de te demander « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », essaie de te demander :
« De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »
Écoute-toi avec douceur. Si cette tristesse devient très intense, dure dans le temps ou t’empêche de vivre normalement, il est important d’en parler à un professionnel.
🌺 À retenir : Se sentir triste alors que tout semble aller bien est une expérience plus fréquente qu’on ne le pense. Les émotions ne suivent pas toujours la logique de notre quotidien, et elles méritent d’être accueillies sans jugement.
Pensées
Comprendre ce qui se passe dans notre tête.
Pourquoi je réfléchis trop à tout ?
Il arrive à beaucoup de personnes de se retrouver avec une pensée qui tourne en boucle : une conversation que l’on repasse dans sa tête, une décision que l’on n’arrive pas à prendre, quelque chose que l’on aurait aimé faire autrement ou encore un événement que l’on imagine à l’avance.
Réfléchir permet normalement de chercher une solution ou de mieux comprendre une situation. Mais parfois, la réflexion devient répétitive sans réellement nous aider à avancer. C’est ce que les professionnels peuvent notamment décrire comme de la rumination ou des pensées négatives répétitives.
Cela peut prendre différentes formes :
- repenser constamment à ce qui s’est passé ;
- chercher ce que l’on aurait pu faire différemment ;
- anticiper de nombreux scénarios, notamment les plus négatifs ;
- avoir besoin de trouver une réponse certaine avant de pouvoir passer à autre chose ;
- avoir du mal à interrompre ses inquiétudes, même lorsqu’on sait qu’elles ne sont pas forcément proportionnées à la situation.
Ces mécanismes peuvent être particulièrement présents pendant les périodes de stress ou d’anxiété. L’inquiétude est alors souvent tournée vers ce qui pourrait arriver, tandis que la rumination se concentre davantage sur ce qui s’est passé, sur ce que l’on ressent ou sur les causes d’une difficulté.
Et surtout, ce n’est pas forcément un signe qu’il y a “quelque chose qui ne va pas chez toi”. S’inquiéter ou beaucoup réfléchir peut faire partie des réactions normales face à une période difficile ou incertaine. C’est lorsque ces pensées deviennent persistantes, difficiles à contrôler ou qu’elles commencent à perturber le sommeil, la concentration ou la vie quotidienne qu’il peut être utile d’en parler à un professionnel.
Parfois, réfléchir davantage ne permet pas de trouver davantage de réponses. Il peut aussi être nécessaire d’apprendre à reconnaître quand notre pensée cherche une solution… et quand elle tourne simplement en boucle.
Pourquoi je me fais autant de scénarios ?
Se faire des scénarios, c’est souvent essayer d’anticiper ce qui pourrait arriver. Notre esprit cherche naturellement à prévoir les situations incertaines pour mieux s’y préparer.
Le problème peut apparaître lorsque cette anticipation devient répétitive et se transforme en une succession de « et si… ? ». On imagine alors différentes possibilités, parfois jusqu’au pire scénario, alors même que rien ne permet de savoir que celui-ci va réellement se produire.
L’anxiété peut renforcer ce mécanisme : les pensées deviennent plus envahissantes, on surestime parfois la possibilité qu’un événement négatif arrive et l’incertitude devient plus difficile à supporter.
Ce n’est donc pas forcément que tu « inventes des problèmes ». Ton esprit essaie peut-être de se préparer à quelque chose qu’il ne peut pas encore contrôler. Mais plus on cherche une réponse certaine à un événement qui n’a pas encore eu lieu, plus les scénarios peuvent s’enchaîner.
Une distinction peut aider :
« Est-ce un problème réel auquel je peux agir maintenant, ou une possibilité que j’essaie de résoudre à l’avance ? »
Les professionnels distinguent notamment les inquiétudes liées à un problème concret, sur lequel on peut agir, des inquiétudes hypothétiques centrées sur ce qui pourrait arriver.
Et surtout : une pensée n’est pas une prédiction. Imaginer quelque chose ne signifie pas que cela va arriver.
Le couple
Comprendre ce qui se joue entre soi et l’autre.
Pourquoi est-ce si difficile de faire confiance ?
Faire confiance, c’est accepter une part d’incertitude : on ne peut jamais contrôler complètement les intentions, les réactions ou les choix d’une autre personne. Dans une relation, cela implique donc de pouvoir se sentir suffisamment en sécurité pour être vulnérable, communiquer ses besoins et accepter de ne pas tout savoir.
Lorsque cette sécurité est fragilisée, il peut devenir plus difficile de faire confiance. Des expériences relationnelles douloureuses, comme une trahison, un mensonge ou une relation dans laquelle on ne se sentait pas en sécurité, peuvent influencer la manière dont on interprète les situations suivantes. Mais ce n’est pas la seule explication : l’histoire personnelle, les expériences d’attachement et la façon dont on a appris à construire ses relations peuvent également jouer un rôle.
Cela peut parfois se traduire par un besoin important de réassurance, une tendance à chercher des signes qui confirmeraient que quelque chose ne va pas, ou une difficulté à supporter l’incertitude.
Et faire confiance ne signifie pas fermer les yeux. Une relation saine ne demande pas de faire confiance aveuglément : la confiance se construit progressivement, à travers la cohérence entre les paroles et les actes, le respect des limites, la communication et la possibilité de se sentir en sécurité avec l’autre.
Si la méfiance devient très envahissante ou provoque une souffrance importante dans les relations, en parler avec un professionnel peut permettre de comprendre ce qui se joue et de retrouver progressivement davantage de sécurité.
Faire confiance, ce n’est pas être certain que l’autre ne nous décevra jamais. C’est pouvoir avancer dans la relation sans avoir besoin de tout contrôler.
Pourquoi est-ce que je m’oublie dans mes relations ?
Dans une relation, il est normal de faire des compromis, de prendre en compte les besoins de l’autre et de faire parfois passer certaines choses après. Mais lorsque l’on met régulièrement ses propres besoins, ses limites ou ses envies de côté pour préserver la relation, cela peut finir par donner l’impression de ne plus savoir ce que l’on veut soi-même.
Certaines personnes ont davantage tendance à rechercher l’approbation de l’autre ou à éviter les conflits. Elles peuvent avoir du mal à dire non, culpabiliser lorsqu’elles expriment un besoin ou craindre qu’affirmer leurs limites provoque une dispute, une déception ou un éloignement.
Cela peut aussi devenir une habitude : on s’adapte, on accepte, on minimise ce qui nous dérange… jusqu’à ce que l’on réalise que la relation prend de plus en plus de place et que soi-même, on en prend de moins en moins.
Pourtant, prendre soin de l’autre ne devrait pas nécessiter de disparaître soi-même. Une relation équilibrée laisse de la place aux besoins, aux limites, aux envies et à l’identité de chacun.
Tu peux donc te demander :
« Est-ce que je fais ce choix parce que j’en ai réellement envie, ou parce que j’ai peur de ce qui pourrait arriver si je disais non ? »
S’oublier ponctuellement pour faire une place à l’autre n’est pas forcément problématique. C’est lorsque cela devient systématique et que cela te fait souffrir qu’il peut être utile de s’interroger sur ce qui se joue dans la relation.
Pourquoi ai-je peur de perdre l’autre ?
La peur de perdre quelqu’un peut être liée à l’importance que cette personne a prise dans notre vie. Plus une relation compte pour nous, plus l’idée qu’elle puisse disparaître peut être douloureuse.
Cette peur peut aussi être renforcée par certaines expériences : une séparation difficile, une trahison, une relation instable ou d’autres expériences qui ont fragilisé le sentiment de sécurité dans les relations. Pour certaines personnes, la peur de l’abandon ou du rejet peut alors rendre l’incertitude particulièrement difficile à supporter.
Elle peut se manifester de différentes façons : avoir besoin d’être constamment rassuré(e), interpréter un changement de comportement comme un signe de rupture, craindre qu’un silence signifie que l’autre s’éloigne, ou chercher à contrôler davantage la relation pour éviter de la perdre.
Mais avoir peur de perdre quelqu’un ne signifie pas forcément que la relation est en danger. Une émotion peut être réelle et intense sans que ce qu’elle nous fait imaginer soit nécessairement vrai.
Il peut alors être utile de distinguer deux choses :
« Est-ce que quelque chose, dans la relation actuelle, me donne réellement une raison de m’inquiéter ? Ou est-ce que la peur de perdre l’autre me pousse à imaginer ce qui pourrait arriver ? »
Et surtout, aimer quelqu’un ne signifie pas pouvoir garantir qu’il restera toujours auprès de nous. Construire une relation saine, c’est aussi apprendre à faire confiance au présent sans essayer de contrôler tout ce que l’avenir pourrait nous réserver.
Famille
Comprendre les liens qui nous construisent, nous blessent parfois et continuent de nous accompagner.
Pourquoi est-ce si difficile de poser des limites avec ma famille ?
Poser une limite, ce n’est pas forcément rejeter quelqu’un. C’est pouvoir dire ce qui est acceptable pour soi, ce qui ne l’est pas, et ce dont on a besoin dans une relation.
Avec la famille, cela peut être particulièrement difficile parce que les liens familiaux s’accompagnent souvent d’une histoire commune, d’habitudes et de rôles qui se sont construits au fil du temps. Dire « non », exprimer un désaccord ou demander davantage d’espace peut alors donner l’impression de remettre en question cette relation.
La culpabilité peut également apparaître. On peut avoir peur de décevoir, de blesser, de provoquer un conflit ou d’être considéré(e) comme égoïste. Pourtant, ressentir de la culpabilité lorsqu’on pose une limite ne signifie pas nécessairement que cette limite est injuste.
Une limite n’a pas pour objectif de contrôler le comportement de l’autre. Elle permet surtout de définir ce que l’on accepte pour soi et ce que l’on choisira de faire lorsque cette limite n’est pas respectée.
Par exemple, dire :
« Je ne veux pas parler de ce sujet aujourd’hui. »
ou :
« Je comprends que tu ne sois pas d’accord, mais ma décision m’appartient. »
n’est pas nécessairement un manque de respect. C’est aussi une manière de reconnaître que deux personnes peuvent avoir des besoins, des opinions et des limites différentes.
Et poser des limites ne signifie pas forcément couper les liens. Dans certaines familles, elles peuvent même permettre de construire des relations plus équilibrées.
Tu as le droit d’aimer ta famille et d’avoir besoin de distance. Les deux peuvent exister en même temps.
Pourquoi est-ce que je culpabilise quand je pense à moi ?
Prendre du temps pour soi, répondre à ses propres besoins ou simplement faire un choix qui nous convient peut parfois provoquer de la culpabilité, particulièrement lorsqu’on a l’habitude de beaucoup s’occuper des autres.
Dans certaines familles, on peut avoir appris que faire plaisir, aider ou répondre aux attentes des autres était important. Avec le temps, penser à soi peut alors être associé à quelque chose de négatif : être égoïste, décevoir ou abandonner les autres.
Cette culpabilité peut aussi apparaître lorsqu’on pose une limite ou qu’on refuse quelque chose. Pourtant, se sentir coupable ne signifie pas forcément avoir fait quelque chose de mal. La culpabilité est une émotion : elle peut signaler que quelque chose entre en conflit avec nos valeurs, mais elle peut aussi être influencée par nos habitudes, nos croyances ou nos expériences.
Prendre soin de soi ne signifie pas cesser de prendre soin des autres. Il est possible d’être présent pour ses proches sans faire systématiquement passer leurs besoins avant les siens.
Tu peux alors essayer de te demander :
« Si une personne que j’aime faisait exactement ce que je m’autorise à faire aujourd’hui, est-ce que je la considérerais comme égoïste ? »
Parfois, nous accordons beaucoup plus de compréhension aux autres qu’à nous-mêmes.
Penser à toi ne signifie pas aimer moins les autres. Cela signifie aussi reconnaître que tes besoins comptent.
Pourquoi est-ce que je me sens différent(e) de ma famille ?
Même au sein d’une même famille, chaque personne développe sa propre personnalité, ses goûts, ses valeurs et sa manière de voir le monde. Partager une histoire familiale ne signifie donc pas forcément se ressembler.
On peut parfois avoir l’impression d’être « à part » parce que nos choix, notre façon de penser ou nos aspirations diffèrent de ceux de nos proches. Les différences peuvent concerner les études, le travail, les relations, les valeurs, la manière d’exprimer ses émotions ou simplement la façon dont on imagine sa vie.
Ce sentiment peut être particulièrement difficile lorsque l’on recherche l’approbation de sa famille. On peut alors se demander si l’on est « normal(e) », si l’on déçoit ses proches ou si l’on appartient réellement à sa famille.
Pourtant, être différent(e) ne signifie pas être moins proche, moins légitime ou moins aimé(e). Une famille peut partager certaines valeurs tout en laissant à chacun la possibilité de devenir la personne qu’il souhaite être.
Il peut être utile de se demander :
« Est-ce que je me sens différent(e) parce que je ne ressemble pas à ma famille, ou parce que je pense que je devrais lui ressembler ? »
Parfois, accepter sa différence ne signifie pas s’éloigner des autres. C’est simplement accepter qu’on puisse appartenir à une famille sans avoir à lui ressembler en tout.
Tu peux avoir une histoire commune avec eux et quand même écrire la tienne.